"Pienso que es mejor si juegas al football"
Julio Iglesias est un homme discret. Yves Montand et Jean-Luc Lahaie peuvent se rhabiller, aucune ombre ne plane sur son passé de grand sportif. Pas de revendication filiale illégitime ni de procès en pédophilie, on lui attribue des milliers de conquêtes, impossible de savoir qui il a réellement chopé. Après des heures de googlelisme sans résultat, deux solutions s'offrent à l’usager des moteurs de recherches : la calomnie ou la canonisation par les chiffres. Les industriels de la musique apprécieront.
un homme debout
Le destin a pourtant failli deux fois nous priver de Julio Iglesias. La première, en le dotant d'une voix de génisse espagnole, la seconde, un soir de septembre 63, sur une route de campagne où l'intrépide étudiant en droit, devenu gardien du Real Madrid, est projeté hors de son véhicule. Il en sortira vivant mais profondément paraplégique. Allongé tout le jour dans son petit lit inhospitalié, Julio s'ennuie et commence à jouer de la guitare pour exorciser le souvenir des ballons ronds. Il retrouve l'usage de ses jambes l'année suivante. Son accident lui laisse un vertige chronique et la manie de se palper le côté en fermant les yeux pour garder l'équilibre. Paré de ces tendres stigmates, il entame son ascension vers les plus hautes marches du sommet.
Oh lala l'amour
Le 17 juillet 1968, il remporte le festival de la canción de Benidorm et signe son premier contrat avec Columbia. En dix ans, il vend 75 millions d'albums, se marie avec Isabel Preysler Arrastre, une reine de beauté hispano-philippine, et trouve le temps de lui faire trois enfants entre deux tournées. En tout, Julio Iglesias se serait reproduit huit fois. A raison d'une 1,56 fan/jour, c'est peu, si l'on croit les chiffres avancés par le chantre de la variété féminine.
Les années 80 marquent un tournant dans la carrière de l'artiste qui va chercher un nouveau souffle dans la vague calypso. Son chef d'œuvre « Et l'amour créa la femme » sort en 82, avec un titre phare « Oh lala l'amour », une fantaisie exotique pleine de bambous et de boites à rythme dont on retrouve l'influence chez un Philippe Laville. La même année, la rançon du succès vient frapper à la porte du chanteur. Une cellule séparatiste basque enlève son père, gynécologue et fils de général franquiste, et lui réclame deux millions de dollars. La transaction est détournée in extremis par la police antiterroriste.
Rassuré, l'hidalgo commence à squatter les charts du monde entier, donne des concerts de bienfaisance, et apprend cinq mots de Mandarin. En 1995, il est le premier étranger à recevoir un disque d'or chinois. Son histoire d'amour avec le public français lui rapporte le premier disque de diamant enregistré par le Guinness Book des Records. En 1997, c'est la consécration, le 8 septembre est proclamé "Julio Iglesias' day" par le maire de Miami où réside sa famille depuis l’enlèvement du papi. Le sémillant gynéco exercera son office jusqu'à l'âge de 90 ans, lui donnant coup sur coup un frère et une sœur, conçue cinq mois avant de décéder.
si tous les Indonésiens achetaient un disque de Julio Iglesias
Ils feraient 7500 fois le tour du monde rien qu’en se tenant par la main. Sachant que la terre a un périmètre de 40 000 km, il aurait donc vendu plus de 250 millions d'albums. Le seul interprète français à avoir réussi cet exploit est Nana Mouskouri. On dit qu’une chanson de Julio Iglesias passe toutes les trente secondes à la radio. Cette longévité a cependant un revers que l'industrie musicale soucieuse du vieillissement démographique va devoir prendre en compte. En 2010, Julio Iglesias est l'espagnol le plus recherché sur le web, il va donc falloir convaincre une nouvelle génération d'admiratrices plus que jamais à l'écoute du message du chanteur, mais prêtes à tout pour un download gratuit.
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Ce message n’a pas changé, et en 40 ans de carrière, le programme de Julio Iglesias non plus, conciliant fidélité des cœurs et liberté des organes, il laisse aux femmes d'aujourd'hui l'espoir d'un romantisme lucide et merveilleusement lucratif.
julioiglesias.com