Publicité

La haute ascension de la rue des martyrs à Rome

Nous nous étions tu, avalées nos bouches, pleine goulée et pas dégurgités, les goules à gogo hors les murs, les lémures lézardant nos idées et un panache à écraser les plus hauts fourneaux, les fusées et plus loin alignés, l’Alizé, l’horizon et la parure fantastique des défenses élastiques de nos éléphantiasis. Nos pas et nos riens.

On se croyait malin à boucher les oreilles, claquemurés nos tympans, évitant l’éclat laid des mugissements intrépides de veaux déjà cellophanés.

Plus facile encore les paupières lourdes de bières à fermentation triple, à doubles ressorts pour diable sans royaume, pour des Ray Charles de Fnac des Halles, des forts à cageots bridés aux œillères Guccis au bandana Dolce Gabana.

L’allant seul nous portait sur l’Achéron et de temps en temps le filiforme d’un relais pour téléphonie mobile nous rappelait la civilisation.

Je remarcherai sur Rome, j’organiserai des descentes au flambeau à Garmisch-Partenkirchen, je marquerai d’une croix blanche les fosses Adréatines, participerai à la frêle démarche des débusqueurs de nazis, je remplirait de chaux des jolis trous à macaques, j’empoignerait des machettes à m’faire sauter les ménisques, j’étalerai les ossements pour amender la terre, je glisserai mes doigts gourds dans le grand saladier d’œils d’Ante Pavelic, j’exécuterai les mutinés de 17, mettrai au travail les faignants érémistes, déporterai en masse des paysans chinois, mentirai sur tout en gardant la posture, pleurerai beaucoup sans même savoir les larmes, donnerai de mon temps en confisquant l’espace à des animaux rares, je dénoncerai des bonnes sœurs à des militaires argentins ou chilien, à des amis morts, je dresserai un bûcher pour qu’il ne reste rien, il y aura des Moloch, des petits bras sans corps, des sous munitions, des rasoirs mal lavés et des monceaux de montres, des tas de Swatch, des piles de Rolex, un écheveaux de montures sans verre ni lunette, on voit aussi la garde nationale enterrée bien debout entre les périphériques, puis un cimetière indien et son hôtel de passe, des télés allumées tard sur des couples en déroute, encore des femmes violées et de beaux revolvers, des 4X4 flambants et des jacuzzis rouges, Sharon Tate et Gandhi dans le même back-room. Et cela en chantant l’hymne helvétique, en votant à bout de bras démocratie sociale, en crachant sur les flics pour bien payer l’amende.

Nous nous étions tu et nous croyions malin les paupières lourdes de bières et quand la force nous a manqué; pas le coup de surin; porté en estocade par les escouades imbéciles de nos contemporains qu’on avait appris à aimer par obligation mondaine bien joliment caché par notre fausse république à purin, à recycler les traîtres, à bien trier les déchets pour ne pas les poursuivre, juste finir comme eux dans les cimetières à croix moches où le seul hommage qu’on rend est à des cercueils chers payés et de la viande avariée.

Je n’ai jamais marché sur Rome et mes chemises sont fripées, la Suisse n’a pas d’hymne et comme citoyen sur les cognes je ne suis pas digne de baver.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article