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L’étoile du Medjidieh ne brillera plus sur Paris

J’ai kiffé les ottomanes et leurs joues enveloppés comme pourprée de silices à s’arracher les peaux mortes par des éponges à Marmara ou des sangsues glou-gloutante des eaux chaudes des montagnes de Yusufeli. J’en ai rêvé marbré de Carrare des palais stambouliotes ou se blottirait Loti rédigeant des notices pour moustachus avides des carmins enluminés de glorioles blondasses

où perle tous les matins.

Il est né le Bosphore du grand écartèlement, de la trogne des marins philippins dévisageant du tanker les fines parades de bois, bow-windows écrues, qui reconnaît la main sanglée de perles de la courtisane dont les verts soyeux qui ondulent de pied en capeline brodée des stigmates d’argent dessinant des fleurs d’acanthes, des glands et un poireau géant ; mais aussi de la carrure impayable des nouveaux turcs avachis, fier et braves dans leur costume anglais que chapote un fez allant, juste zébré où il faut d’un croissant de fer jauni par l’attente.

Plus loin que Sainte-Sophie là où les chiens galeux partagent aux islamistes les restes de la croissance, surgissent mal rafraîchit si ce n’est chaque année par un blizzard plus fort et la rouille de neige les anciens remparts au pied de ce qui fut une citerne à eau du temps de Théodose, se trouve ma maison en briques décelées des temples

des anciens dieux chtoniens.

Elle est meublée chichement comparé aux demeures des nouveaux riches de la rive orientale qui sans même y songer remugle les goûts rances des arméniens de transit qui firent le commerce dans la cité indolente des parvenus à temps.

Deux couleurs dominent séparées par un trait fin de pisé. Un émeraude passé des tiares des poussahs et un rubescent éteint par 1000 narguilés. S’y loge des pastels de caboteurs sur fond de mosquée bleue et des portraits de demi-bey avec bien enfoncé sur leur veste du levant la médaille de Crimée et le ruban couleur de mes murailles de l’Osmanié.

Des bergères sans cousins garnissent mon parquet, un bibus distribue dans ces phalanges de Sycomore des vieilles verreries bleutées et leur fil tenu qui les entourent à l’envie. Se pèse aussi des babioles plastiques mimant la fellation et un poisson grillagé creux qui s’il était suspendu par un fil surnagerait en odeur de Kat bien mis a séché.

Sur le doigt le plus haut, un modeste buste, en résine, nous montre Atatürk, frémissant, simplifiant la langue, étêtant les anciens supplices, réformant les mœurs et réduisant les billets à autre chose que ces immenses liasses de la monnaie impériale affaiblissant les tables de jeux aux fumoirs de Bursa.

J’aurais bien mis entre deux cosy de Damas aux particules maronnes se peluchant au dos des amis rares et sourds aux appels en minarets, le Bain turc d’Ingres ou l’Origine du monde, mais Khalil bey à perdu ses tableaux et il faut maintenant payer son dû pour partager avec d’autres et la multitude les regards de biais de ces toiles tendues de rotondités menant au tombeau.

Je ne dirais rien du lit clos capitonné si ce n’est que sur une desserte art déco on trouve une pipe longue au fourneau mal éteint attendant l’hécatombe, les camions jaunes des pompiers à caftans. Dans cette pièce, cellule à janissaires, le scriban patiente, écoutant les Sofas Surfers devant le secrétaire à cylindre reproduisant dans sa tête les échos de Péguy, les éclats de Jaurés.

Mais il est temps de partir, il faut voter des lois.

A califourchon sur mon siège curule, j’attends Allah, qui quand tous les loukoums à la rose auront crié leur foi, se manifestera.

Au loin j’entends les fracas. On a encore interdit un meeting du PKK.

Oçalan, salut à toi.

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