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Deux roues et un grand coffre




Oui, la moto est puissante et dépourvue de carrosserie. Oui, les vibrations d’un moteur de deux cent kilos entre les jambes peuvent faire perdre la tête. Oui, les blousons noirs ont existé, mais la moto n’est plus l’égérie exclusive d’une génération de déviants qui refuse les règles protectrices d’une société où le respect, la vigne et les radars vont de paires.


Les motards, moustaches roulées à la bouche, vestes de cuirs irréversibles, aigles dans le dos et autres « bandanas » ne sont plus aujourd’hui qu’une minorité que les années n’ont pas épargnée. Ils ont perdu le monopole de cette liberté que la moto peut si bien évoquer. La moto est devenue un véhicule à part entière et le nombre des tués augmente à partir de 18 heures.


Certes il y a autant de variétés de motards que d’individus à moto, et ils se reconnaîtront : le plombier soucieux de renouer avec les éléments, le cadre professionnel qui cherche un accès rapide à la périphérie, l’adolescent épris de sensations, le célibataire occasionnel, l’humoriste prêt à en découdre, le père de famille bourré de qualités, on en passe et des meilleurs…


Car l’esprit deux roues est évolue - comme l’histoire de l’homme, et le besoin d’un coffre survient un jour tôt ou tard. Ainsi, le motard peut voir un chapitre de sa vie se refermer brusquement sur lui-même.

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